on écrit en 1° ES3
Article mis en ligne le 22 mai 2013
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Suite du travail engagé avec les premières ES3 : après la découverte de l’univers poétique de Lucien Suel à travers sa présence sur le web et la lecture d’extraits de Théorie des orages, pratique de l’écriture poétique sous contraintes. À l’exemple de l’auteur, les élèves ont produit des textes en procédant par accumulation, utilisation de l’anaphore et liberté totale dans l’association d’images. Ci-dessous, une compilation de quelques-unes de leurs trouvailles.
Mercredi prochain, interview de l’écrivain via le réseau social Twitter. À suivre...


Je suis le regard lancé qui fait comprendre ce que je veux. Je suis l’homme qui aimerait retourner en arrière, pour pouvoir tout reprendre à nouveau. Je suis maître, maître de mon destin. Je suis blanche comme neige qui tombe quand bon lui semble. Je suis la pluie qui tombe lentement du ciel. Je suis le verre posé continuellement sur la table. Je suis la pierre polie d’une rivière pendant la guerre en Palestine. Je suis la fierté de mon père. Je suis un navire échoué sur une île imaginaire. Je suis une femme qui rit aux éclats. Je suis ce rire qui se propage dans l’air. Je suis la douleur ressentie à la fin d’un amour de vacances. Je suis le bruit strident du train qui freine à la hauteur des voyageurs. Je suis ici et là, le néant et le vide. Je suis le vent qui siffle derrière les volets qui claquent. Je suis l’univers qui s’étend éperdument, sans jamais s’arrêter, pour ne jamais en voir le bout. Je suis moi. Je suis la courte paille dans ta main. Je suis l’issue de tous ces gamins qui jouent sans lendemains. Je suis une leçon. Je suis cette goutte qui coule le long d’une feuille de rhubarbe. Je suis cette terre reposant dans un pot d’argile. Je suis cette encre versée avec haine sur un papier. Je suis le pétale de rose qui fane sur sa fleur. Je suis un souvenir dans ton esprit. Je suis cette femme allongée dans les hautes herbes d’été. Je suis l’enfant qui a peur du noir. Je suis l’homme affamé d’amour. Je suis grand et rouge. Je suis ce reflet dans le miroir, au visage triste. Je suis une larme qui coule sur la joue d’un enfant pendant que d’autres jouent dans la cour. Je suis la mort et la vie. Je suis la peur, noire et dure, qui hante tes rêves et détruit ta joie. Je suis moi et je suis toi. Je suis les souvenirs qui ne reviendront jamais. Je suis l’adolescente qui remuerait terre et ciel pour s’en souvenir. Je suis moi, simplement moi et personne d’autre. Je suis la pensée qui domine les nuits. Je suis la goutte d’eau qui brise le silence. Je suis la bouche qui fait semblant de sourire. Je suis le faux qui joue au vrai pour cacher le malheur. Je suis encore l’être humain qui ne se comprend pas. Je suis la glace fondant au soleil. Je suis le soleil qui dore nos peaux. Je suis la mort laissant partir nos ancêtres avec des souvenirs. Je suis l’eau qui coule sous le pont et je suis le vide qui se place entre nous. Je suis réel, comme toi.

Je vous salue, arbres feuillus dans cet espace entouré de béton.

Je vous salue, cailloux et sable jaune au bord de la route.

Je vous salue, monstrueuses tronçonneuses qui dévastez l’Amazonie.

Je vous salue, âmes vagabondes traversant l’enfer pour venir me
chercher.

Je vous salue, Océan de tous les bonheurs.

Je vous salue, pixels bleus, verts et rouges défilant sur les écrans.

Je vous salue, cordes en cuivre, vibrant à chaque choc.

Je vous salue, âpre couleur des pierres des murs de campagne.

Je vous salue, tour géante au lourd vent d’ouest.

Je vous salue, bruit incessant du moteur sur cette terre humide.

Je vous salue, seule maison perdue dans cette infinité de champs.

Je vous salue, petites tables décolorées, usées par l’ennui.

Je vous salue, couloirs glauques et gris.

Je vous salue, jeunes hommes prosaïques et emplis de dédain.

Je vous salue, terriens pittoresques vivant dans l’absurdité d’une vie parfaite.

Je vous salue, tracteurs crasseux cassant le silence avec votre bruit à réveiller les morts.

Je vous salue, parents au petit déj’, le nez dans vos factures.

Je vous salue, chauffeur de bus scolaire et voyageurs endormis.

Je vous salue, Saint-Jean-de-Braye ville en mai sous la pluie.


Ce travail prend place dans le cadre de l’opération 100 bibliothèques 50 epubs à laquelle participe le CDI du lycée : 50 ouvrages, pour l’essentiel de littérature contemporaine, sont gracieusement mis à disposition par la maison d’édition numérique publie.net. Les œuvres sont accessibles sur une liseuse et, très bientôt, sur l’ensemble des postes informatiques du CDI.

 
 
 
 

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